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Un poste de tatouage conforme : ce que regarde l’ARS

Un contrôle ARS ne cherche pas à vous prendre en défaut sur un détail obscur : il vérifie une poignée de points structurants, presque toujours les mêmes. Les connaître transforme le contrôle en formalité.

La déclaration et la formation

Avant tout matériel, deux papiers. L'activité de tatouage par effraction cutanée doit être déclarée auprès de l'ARS de votre région, et chaque personne qui tatoue doit détenir l'attestation de formation aux conditions d'hygiène et de salubrité — 21 heures auprès d'un organisme habilité.

Ces deux documents sont demandés en premier. Un studio impeccable dont l'exploitant n'a pas déclaré son activité est en infraction avant même qu'on regarde le poste.

Les barrières : la logique du propre et du sale

Tout le raisonnement de l'hygiène tient dans une question : qu'est-ce que je touche avec des gants souillés ? Chaque surface concernée doit porter une barrière jetable, changée entre deux clients.

Concrètement : housse sur la machine et le cordon, film sur la pissette et le flacon de savon, protection sur la desserte, sur la lampe et sur les zones du fauteuil susceptibles d'être touchées.

La faute la plus fréquente n'est pas l'absence de barrière : c'est le geste réflexe qui la contourne — attraper son téléphone, ouvrir un tiroir, régler la lampe avec les gants de travail. Un contrôleur qui observe une séance repère cela immédiatement.

  • Gants nitrile non poudrés, changés entre chaque client et à chaque interruption
  • Films et housses jetables sur toute surface touchée en cours de séance
  • Godets, rasoirs, papier transfert et essuie-tout à usage unique
  • Désinfectant de surface bactéricide, virucide et fongicide, avec temps de contact respecté

Stérilisation et matériel réutilisable

Le plus simple reste de ne pas avoir de matériel réutilisable en contact avec la peau : cartouches stériles à usage unique, grips jetables. Beaucoup de studios ont fait ce choix, et il supprime d'un coup l'essentiel du sujet.

Si vous conservez du matériel réutilisable, l'autoclave de classe B est obligatoire, avec un cycle validé et tracé : sachets datés, indicateurs de passage, et registre des cycles. Le test de vide et le contrôle périodique de l'appareil sont également attendus.

Un autoclave sans registre de cycles vaut, en contrôle, un autoclave absent.

Déchets et traçabilité

Les aiguilles et cartouches usagées sont des DASRI. Elles vont dans un collecteur normalisé à ouverture temporaire, jamais dans une poubelle ordinaire, et le collecteur part par une filière agréée qui vous remet un bordereau. Ce bordereau est votre preuve : conservez-les.

Côté traçabilité, tenez un registre reliant chaque prestation aux lots d'encre utilisés. C'est votre seule protection si un client signale une réaction cutanée des semaines plus tard.

Ajoutez-y la fiche d'information et de consentement signée par le client, qui documente les contre-indications et les consignes de soin — pièce de plus en plus systématiquement demandée.

L’aménagement du local

Le local doit permettre de nettoyer. Cela se traduit par des surfaces lisses et lavables, un poste de travail séparé de la zone d'accueil, et un point d'eau avec commande non manuelle et essuie-mains à usage unique à proximité immédiate du poste.

Le stockage du matériel stérile se fait à l'abri de la poussière et de l'humidité, dans un rangement fermé. Un carton de cartouches posé au sol est une non-conformité classique et facile à éviter.

Questions fréquentes

À quelle fréquence a lieu un contrôle ARS ?
Il n'y a pas de périodicité fixe. Les contrôles sont souvent déclenchés par une campagne régionale, un signalement de client ou une nouvelle déclaration d'activité.
Un autoclave est-il obligatoire si je n’utilise que du jetable ?
Non. Si aucun matériel réutilisable n'entre en contact avec la peau ou les fluides, l'autoclave n'a pas d'objet. Il faut alors pouvoir démontrer que tout le circuit est bien à usage unique.
Que risque-t-on en cas de non-conformité ?
Selon la gravité : une mise en demeure avec délai de correction, une amende administrative, et dans les cas sérieux une suspension d'activité jusqu'à mise en conformité.

Les rayons concernés

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